LES ACTIONS PRIORITAIRES DE L’A.I.R.H.H.

L’ambition de l’AIRHH est de rendre plus actuelle l’hygiène hospitalière, conformément à la nouvelle définition de la santé formulée par l’O.M.S, dans le but de l’extraire du carcan de la santé publique afin de l’intégrer dans une stratégie globale et promotionnelle de la santé, dont les objectifs sont le maintien et le développement de la santé individuelle et collective.

Cette démarche sous-entend une coopération effective et efficace entre tous les personnels soignants ou non, mais aussi avec les patients et les visiteurs.

Cette démarche confirme :

-          les mesures préconisées à échelle européenne, en vigueur dans presque tous les Etats et notamment, le rôle fondamental des Comités de Lutte contre l’Infection dans la mise en œuvre d’une approche pédagogique non répressive ;

-          la nécessité de prendre en considération les éléments découlant des avancées scientifiques de la médecine et de la recherche, ce qui rend possible le recours à des interventions et des thérapies inenvisageables auparavant et développe et favorise la qualité de la vie.

Cette initiative a été appréhendée positivement par les membres de l’Association qui se sont prononcés sur la question et sont prêts à s’engager pour promouvoir un objectif de "santé globale". Au regard de cet engagement, les actions prioritaires de l’Association peuvent être déclinées ainsi :

1.  Promouvoir et faciliter dans l’Europe élargie, en fournissant les supports scientifiques et techniques indispensables, la pleine application de toutes les mesures préconisées notamment par l’OMS et dans le dispositif de la recommandation (84)20 du Conseil de l’Europe.

2.  Mettre à jour les mesures préconisées par l’Association pour tenir compte de l’évolution de la médecine, des techniques d’intervention, des nouvelles thérapies, des bienfaits découlant des progrès techniques dans le cadre d’un système moderne de soins de toute nature, sans négliger l’intérêt de l’individu et sa situation dans un contexte qui dépasse le strict cadre des mesures thérapeutiques.

3. Accorder une priorité absolue aux mesures de promotion de la santé et partant, des préventions primaires et d’éducation  pour la santé.

4. Insister afin que pareille politique se développe dans le contexte d’une stratégie globale et intégrée à mettre en oeuvre par une équipe pluridisciplinaire.

5. Procéder à une nouvelle lecture des monographies sectorielles qui constituent le thésaurus de l’Association et alimentent scientifiquement le contenu des cours internationaux et comportent une pédagogie appropriée.

6. Reprendre l’étude des déclarations, qui demeurent d’une importance capitale pour contrôler l’évolution de la situation de l’hygiène hospitalière en Europe, en reprenant contact si nécessaire avec les « hôpitaux-pilotes » qui ont déjà collaboré avec l’Association dans le cadre des programmes PASI et PEGASE, et rechercher de nouveaux partenaires notamment

6. Reprendre l’étude des déclarations, qui demeurent d’une importance capitale pour contrôler l’évolution de la situation de l’hygiène hospitalière en Europe, en reprenant contact si nécessaire avec les « hôpitaux-pilotes » qui ont déjà collaboré avec l’Association dans le cadre des programmes PASI et PEGASE, et rechercher de nouveaux partenaires notamment dans les pays d’Europe centrale et orientale (du fait de l’élargissement de l’espace européen) pour permettre à ces pays de surmonter les carences et problèmes particuliers qu’ils connaissent sur le plan technique et notamment en matière de formation des personnels.

7.  Accorder un grand intérêt aux nouvelles formes d’hospitalisation de type hôpital de jour, ou encore aux résidences hôtelières qui accueillent des patients potentiels qui viennent de la ville pour des investigations ou pour des thérapies de type ambulatoire afin d’évaluer les coûts et avantages de ces nouvelles expériences, par exemple l’augmentation ou la diminution du nombre d’infections. De même, considérer les cas où, pour des raisons humanitaires et affectives on a pris la décision d’héberger les parents d’enfants gravement malades.

8. Créer et développer une politique de formation à trois niveaux : base, spécialisée, et continue pour tout le personnel des institutions concernées et une information innovante des patients hospitalisés  et de tous ceux qui à titres divers, consultent à l’hôpital ou rendent visite à des patients hospitalisés.

9. Soutenir un programme pertinent de bourses de recherche, intitulées « bourses Maurice Maisonnet », en coopération avec le Conseil de l’Europe. Chaque année, le Bureau de l’AIRHH proposerait ou retiendrait des propositions de recherche sur un sujet déterminé, d’actualité, conforme aux objectifs généraux de l’Association et aux besoins des Etats européens. Les boursiers produiraient un rapport, qui s’il s’avérait important et utile, serait publié sous ses auspices. L’Association ne dispose pas de personnel administratif permanent, et envisage par conséquent de rationaliser la gestion de ces bourses pour la rendre la plus souple possible. Ce programme de bourses pourrait s’orienter vers une coopération accrue avec le Conseil de l’Europe dans le cadre du pacte de stabilité démocratique avec les pays de l’Europe du Sud-Est.

10. En complément de ces projets, l’Association organiserait un congrès régulier sur un sujet majeur, d’une durée de 2,5 jours. Des contacts ont été amorcés avec des organisations européennes qui administrent déjà de tels programmes.

Au total, le programme des actions prioritaires de l’A.I.R.H.H. se veut délibérément orienté vers un contexte promotionnel de la santé, en préconisant des mesures à mettre en œuvre à l’intérieur et à l’extérieur des établissements hospitaliers ou de toute autre structure institutionnelle à caractère médico-social, publique ou privée.

Cette stratégie est destinée non seulement à prévenir les risques de complications septiques mais aussi et surtout à améliorer la situation sanitaire de tous ceux qui,  à titre divers, sont soignés, subissent des investigations cliniques, vivent ou interviennent en tant que personnel soignant, hôtelier ou technique à l’intérieur de ces institutions. Ceci s’applique aux non-malades qui rendent visite aux patients hospitalisés.

Il est vrai qu’un certain nombre de pays ont déjà organisé une prévention de l’infection mais il n’en reste pas moins que l’Europe élargie actuelle est très inégalement avancée en ce domaine et que c’est le rôle de notre Association de les aider.